Qu'est ce qui passe le mieux dans un oeil? Une photo noir pâle ou une photo noir foncé, une photosynthèse sans photo montage ou sa photocopie? Copie conforme d'un instant X qui défile plus vite que son ombre pour seule finalité de laisser à l'impression son meilleur profil. Portrait exact de la tête à tous les pieds, inspectant chaque atome crochu, saisissant la parfaite expression de quoi? Flash back sur lumière artificielle, combustion du numéro atomique 12 dans l'atmosphère d'un bulle d'oxygène. Témoin des couleurs, palette automatique, miroir intégral du feu rouge, du turquoise, du jaune cocu et fière et de l'être, de l'orange juteuse et du vert limité. Noir comme un trou noir, blanc comme un drap blanc, gris comme un drap blanc dans un trou noir. En un rien de clik plongé dans un décolleté, immortalise les mots Vénus d'ailleurs; d'ailleurs ou d'ici, dissimuler en arrière plan les détails qu'on veut mettre en avant. Photo roman, cliché, phylactère muet, preuve d'une idylle fautive, transforme fantôme en fantasme. Vue d'ensemble, vertige et grand air, images satellite
ratissent la Terre, englobe le globe. Clik sur l'eau dans le vent, dans le ventre, rayon ultraviolet, photographie écologique, envie d'une pose à vie, baby-boom d'album de famille,
mémoire de nos traces, fossiles du passage... pas trop sage. Graffitis raffinés sur les murs, exposition ouverte a tous, flash lampadaire, signature de brique du voyou artiste en quête d'image pour nourrir son âme en quête d'instantané; tané un instant d'avoir manqué le mas du bateau glacé. Le taggueur au son du flic prend ses clics et ses clacs. Zoom sur image, racine carré de l'imagination, bousculade de pixels, ruée vers l'or à la recherche du ciel d'argent, sens figuré de la réalité? Contrairement au cerveau l'oeil ne filtre pas...